vendredi 25 février 2011

zéropointzéro

énième rail d'uranium énième distorsion noyé un serpent dans un verre ne pas bouger ne pas regarder les miradors attendre attendre planté les ongles dans le mur ne pas bouger ne pas demander la bonté divine j'attends silence martèlement machine ce fut le dernier avis avant démolition j'entends au loin le bruit de puissants moteurs j'entends le cri de nouvelles créatures naissance dans les forges renaissance de l'acier.


dans l'arrière-boutique d'un étrange troquet rencontré une jolie jeune fille me trompe es-tu femme ou monstre habillé de fleurs douce et légère simplement étrangère comme moi ou presque me trompe comme toujours aime me tromper je te trompe et tu aimes être trompée j'aime tes mensonges j'aime tes rêves tes yeux se ferment portes je tombe dans tes yeux dans mes songes en toi éternel je tombe dans ta peau et m'envole les matins froid et gel seul encore fin des mensonges recommence énième cicatrice énième discontinuité recommencer encore encore.


des faits donne-moi des faits évènements médiatiques je m'en fous décisions politiques je m'en fous fluctuations boursières je m'en fous il ne se passe rien il ne se passe rien il n'y a que des images qui tremblotent ou qui vacillent merde! merde! il ne se passe rien je respire mais il ne se passe rien réveille-toi machine sursaute donne-moi des faits désir contre les murailles désir à travers les failles cela vit cela palpite moi sans moi dédoublé un pas au-delà de moi ou deux pas non quelques millimètres non ici au même endroit que moi au même moment mais ailleurs moi déshabillé de mon moi sans foi ni loi sans langue décodé, infiniment plus libre que mon moi


Quel choix?
Mort lente ou explosifs?
Quel choix?
Le bagne ou la dispersion?

dans la chute des nations dans la succession s'avance une voix de profil esseulée laissant derrière elle les charniers et les silences et les pensées des civilisations restent en ruines suspendues au temps amnésique des hommes qui trébuchent et tombent et continuent de rêver la marche de l'histoire alors que la fin du monde est derrière longtemps avant les traces de leurs pas mais encore résonne cette voix malheur à ceux qui l'entendent ils sont condamnés à la joie accrocs aux horizons furtifs accrocs aux poisons.

Quel choix?
Mort lente ou explosifs?
Quel choix?
Le bagne ou la dispersion?

pris du poison entre deux réveils entre deux chutes dans les profondeurs du sommeil et le poison était bienveillant, aussi doux que les rêves et moins douloureux que les longues nuits de veille ce poison insidieux qui envahit et lacère mes veines corrompues déchire les voiles et dégage ma vue je ne pars pas je suis parmi vous mais je vois du feu sur l'horizon volatile mes diables dansent en travers des murailles et mes diables me suivent partout où que j'aille et je chante esprits dociles esprits serviles jusqu'à quand me retiendrez-vous pris du poison à froid sans amour pour réchauffer ma peau aucune voix ne grésillait sur les canaux seulement quelques fragments de message d'accord il faudra en convenir lâchez-moi je suis sage lâchez-moi je suis sage


en transit ici éteint inexistant juste un regard d'ombre jaillissant des murs couverts de chaux de sang et de boue ivre de silence et d'oubli hier un journal de bord à digérer a aimé a haï a pleuré a dansé les entrailles au passé demain recommencer avec de nouvelles tripes mais aujourd'hui zéro transit zone huit en transit vers un nouvel au-delà kilomètre zéro des vies nouvelles amour te souviendras-tu de moi en transit à des heures impossibles zones franches portes frontières mais pas de voyageurs sur les passerelles seulement quelques cadavres traînant emportés par-ci par-là quelques nuages dans la tête et des flammes dans le cœur pas de bagages surtout pas de bagages quelques mots au bout des doigts plus jamais ça plus jamais ça et pourtant et pourtant...

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