reptile sang glacé charriant des lames du fond de l'âme et les rochers se dressent avant l'après de l'homme avant après ce que nous sommes sommes-nous un même une somme ensemble séparés isolés par un néant figé affligés par les distances et la persistance des murailles et nos âmes enfermées flammes écho réponse des lointains qui nous collent à la peau bleuie fissurée par des caresses qui nous brûlent dans la froideur des cœurs où des fauves se meurent et on pleure pourquoi on pleure agenouillés devant des fleurs inaccessibles on les arrache elles meurent on les délaisse le printemps se meurt avant même que l'hiver ne vienne et même s'il neige et même si les poèmes enflamment les cheminées et même si on s'enveloppe de poudre et de fumée les reptiles habitent notre été et les chemins traversent nos fêtes et nos danses ne font que se croiser pourquoi on pleure on boit pour boire et baiser demain matin malgré la chaleur des croissants et le sourire de la boulangère seuls les reptiles se prélassent dans le soleil de la journée et elle s'éloigne soulevant les feuilles mortes avec ses bottes l'automne la sépare de ma déroute et même s'il pleut mes joues restent sèches et le fleuve qui traverse ma voix se dessèche comme des reptiles nous avons besoin d'ombre et de fraîcheur mais en-dessous de la peau le froid est un cri qui se brise nous divise je ne sais pas que m'importe de toute façon tu feras à ta guise qu'importe le froid m'aiguise.
reptile se prélassant sur ton corps alangui et tu rêves d'un autre qui ne sera plus reptile rien ne te touche et tout ce qui entoure nos nuits n'est qu'un décor grossier rien n'importe plus que cette chaleur qui nous enflamme un instant et nous rejette froids dans le néant de nos vies sans amour que reste-t-il d'autres que les liens de la chair quand ni toi ni moi ne croyons à l'amour qui veut l'éternité et la solidité et les liens du mystère tais-toi ne me parle pas de confiance ne me parle pas d'affection jouis de ce sexe planté dans tes entrailles jouis pour toi de toi et ne me mens pas l'orgasme passé il te restera les miroirs et l'obscurité des paroles perdues reptile sensuel noyé dans un désert sable et mensonges dune à la merci des vents femme déesse reine et putain rien de plus rien de moins et tu rêves encore de joie et de fête et tu veux du pouvoir et tu as peur peur du vrai de l'amour vrai du désir qui déchaîne peur de la liberté nécessaire peur de l'infini peur de ce regard qui traverse ta carapace de verre et peur de cette main ensanglantée qui se tend à travers les fils barbelés pour toucher ton cœur comme toi reptile froid rêvant de gel et de volcan drogué à la puissance ivre vacillant dans la nuit débauchée traquant des putains souples et déchirées et je ne veux plus voir dans mes yeux la couleur du dégoût cactus érigé dans un désert sans horizon jouant la folie attendant le poison et j'ai peur des sentiments qui se déchainent dans mon cœur glacé et quand mon âme sursaute mon regard fuit et cherche une tangente pour que je m'éclipse comme un astre esseulé et je cours je cours espérant une perte facile assassin lâche méchant homme en somme mais dans ton silence mes masques tombent et je ne peux nier notre impureté comme je ne peux nier la pureté et la beauté d'un lien possible entre nous au-dessus de nos corps éperdus reptiles monstres faux dépravés serions-nous un jour sauvés reviendrons-nous du fond des abîmes et si et si et si je parlais et si je parlais enfin et si je disais je t'aime.
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