vendredi 25 février 2011

unpointun

reptile sang glacé charriant des lames du fond de l'âme et les rochers se dressent avant l'après de l'homme avant après ce que nous sommes sommes-nous un même une somme ensemble séparés isolés par un néant figé affligés par les distances et la persistance des murailles et nos âmes enfermées flammes écho réponse des lointains qui nous collent à la peau bleuie fissurée par des caresses qui nous brûlent dans la froideur des cœurs où des fauves se meurent et on pleure pourquoi on pleure agenouillés devant des fleurs inaccessibles on les arrache elles meurent on les délaisse le printemps se meurt avant même que l'hiver ne vienne et même s'il neige et même si les poèmes enflamment les cheminées et même si on s'enveloppe de poudre et de fumée les reptiles habitent notre été et les chemins traversent nos fêtes et nos danses ne font que se croiser pourquoi on pleure on boit pour boire et baiser demain matin malgré la chaleur des croissants et le sourire de la boulangère seuls les reptiles se prélassent dans le soleil de la journée et elle s'éloigne soulevant les feuilles mortes avec ses bottes l'automne la sépare de ma déroute et même s'il pleut mes joues restent sèches et le fleuve qui traverse ma voix se dessèche comme des reptiles nous avons besoin d'ombre et de fraîcheur mais en-dessous de la peau le froid est un cri qui se brise nous divise je ne sais pas que m'importe de toute façon tu feras à ta guise qu'importe le froid m'aiguise.

reptile se prélassant sur ton corps alangui et tu rêves d'un autre qui ne sera plus reptile rien ne te touche et tout ce qui entoure nos nuits n'est qu'un décor grossier rien n'importe plus que cette chaleur qui nous enflamme un instant et nous rejette froids dans le néant de nos vies sans amour que reste-t-il d'autres que les liens de la chair quand ni toi ni moi ne croyons à l'amour qui veut l'éternité et la solidité et les liens du mystère tais-toi ne me parle pas de confiance ne me parle pas d'affection jouis de ce sexe planté dans tes entrailles jouis pour toi de toi et ne me mens pas l'orgasme passé il te restera les miroirs et l'obscurité des paroles perdues reptile sensuel noyé dans un désert sable et mensonges dune à la merci des vents femme déesse reine et putain rien de plus rien de moins et tu rêves encore de joie et de fête et tu veux du pouvoir et tu as peur peur du vrai de l'amour vrai du désir qui déchaîne peur de la liberté nécessaire peur de l'infini peur de ce regard qui traverse ta carapace de verre et peur de cette main ensanglantée qui se tend à travers les fils barbelés pour toucher ton cœur comme toi reptile froid rêvant de gel et de volcan drogué à la puissance ivre vacillant dans la nuit débauchée traquant des putains souples et déchirées et je ne veux plus voir dans mes yeux la couleur du dégoût cactus érigé dans un désert sans horizon jouant la folie attendant le poison et j'ai peur des sentiments qui se déchainent dans mon cœur glacé et quand mon âme sursaute mon regard fuit et cherche une tangente pour que je m'éclipse comme un astre esseulé et je cours je cours espérant une perte facile assassin lâche méchant homme en somme mais dans ton silence mes masques tombent et je ne peux nier notre impureté comme je ne peux nier la pureté et la beauté d'un lien possible entre nous au-dessus de nos corps éperdus reptiles monstres faux dépravés serions-nous un jour sauvés reviendrons-nous du fond des abîmes et si et si et si je parlais et  si je parlais enfin et si je disais je t'aime.


.......

unpointzéro

...
et moi ici je m'arrête
seulement pour laisser flotter le regard
et moi ici je m'arrête
pour entendre bourdonner quelques idées
moi ici je m'arrête
pour écouter le bruit dehors
et quelques perceptibles voix

nous sommes venus vous et moi sans arrêter de venir
d'ici et d'ailleurs
ici et ailleurs
sommes-nous venus
pour toucher le bois
et caresser les tentures
nous sommes venus
pourquoi sommes-nous venus vous et moi
et nous sommes ici et ailleurs
et moi ici je m'arrête
et là où d'autres voient un mur moi je vois la montagne
moi je vois un rivage

mais ceci ne concerne personne
et les mensonges plaisent

ne vous méprenez pas
humbles messieurs et gentilles dames
non non je ne suggère rien
je ne venais pas pour dire
que je venais pour dire

non ce ne sont que des mots
et les mots sont toujours là
par hasard
n'est-ce pas
et n'est-ce pas que les mots sont légers
et qu'un souffle perdu les disperse et les éparpille
et les ramasse en désordre par hasard
et on les tient dans la main
n'est-ce pas
sans savoir quoi en faire
et on les pose des fois
n'importe où
souvent sans faire attention
sans jamais pouvoir un jour
savoir ce qu'ils sont devenus
et on se dit ce sont des mots
qu'importe ce sont des mots

mais moi il y a des jours
j'y repense à tous ces mots
ces mots tout légers
n'est-ce pas
qui sont tombés n'importe où
et peuvent être allés n'importe où
emportés par des souffles perdus
ou par de sales effluves
et je les imagine encore
tels qu'ils étaient

alors moi je cours encore pour les ramasser
les mots
qui sont tombés n'importe où
et sont allés n'importe où
emportés par des souffles perdus
ou par de sales effluves
et je les imagine encore 
tels qu'ils étaient
alors moi je cours encore
pour ramasser les mots
qui sont tombés n'importe où
et sont allés n'importe où
et moi je les arrache aux souffles perdus
et les sépare des sales effluves
et les teste sur mes nerfs
je les renifle
et les avale
je me les injecte dans les veines
je me les rentre dans les oreilles
les pique dans mes yeux
les prend dans mon anus

et maintenant
maintenant que je suis plein de mots
maintenant 
que je respire à peine
maintenant moi
je vais vomir
et en foutre partout de ces mots
qui sont allés n'importe où
qui ont trainé n'importe
avec n'importe qui
et qui sont encore
et toujours
simplement 
comme je les imagine.

...

zéropointun

chiens de faïence et visages fardés
les regards s'affrontent mais il ne se passe rien
un corps de machine
verre et acier
un cœur sans envie et une volonté en coton

paris à l'heure de la dislocation
phase terminale

insomniaque perdu entre le rêve et le guet
rupture de pacte pressentiment d'impact

chiens de guerre et meurtrières
les couteaux brillent mais il ne se passe rien
une âme de gadget
en carton pâte
une pensée sans suite et un désir sans foi

ce côte du monde phase terminale
effondrement


Ur
anium
au bout des doigts
ongles
de cryptonite

il est midi quelque part

ici dans les entrailles de la nuit qui s'étire
je m'éveille aux signaux
des monstres qui s'éveillent
et que même l'aube brûlante ne saura arrêter

culture d'ogives élevage de machines
l'invokation du feu
rituel des bombes


Boulevards et ruelles ce même ballet qui se 
répète dans les bars
dans les miroirs
les mêmes regards
les mêmes couleurs
et cette même lassitude 
au fond
l'ennui est fondateur de la mort lente
d'une civilisation
qui vénère le vide
et qui danse pour oublier.


Venin
dans la langue
verbes rétrogrades objets
sans complément
faire que...

Phrases suspendues nous ne serons
jamais achevés
le froid du langage
nous achèvera sauf si...



Mickey dollar circus jusqu'à la moelle pourri
mourant parade pin's pétasse la mort sur les
trottoirs âme en carton caddie maquereaux
vendus

l'auto-combustion des branches desséchées
mickey dollar virus sourires gris mangez vos
cerveaux

restez
positifs.


Conflit.


calme plat
silence persistant dans ces lignes désertiques
kilomètre zéro
personne autour

la conscience s'étire s'étale se déploie elle tisse ses filets et ses matrices puis se rétracte alors le réel petit à petit s'avance et couvre tout de ses ailes sans couleurs. à partir d'ici aucun langage ne tient aucun geste n'illustre mais tout mouvement fait sens tout mouvement est acte tangible et sans retour tout acte est fracture tout est cruauté nécessité liberté. Dans l'aveuglante clarté tout est obscur dans la fatale obscurité la clarté tue les yeux affaiblis les yeux voilés les yeux qui doutent. Si un homme survit ici si seulement un homme survit l'obscurité ne saura le nommer la lumière ne saura l'éblouir. Né pour brûler même le feu ne saura le dompter seulement si.



Ne pas penser Pas le temps Pas le Temps Tout cela va trop vite Trop vite Agis ou Cours Pas le temps pour les calculs et les pensées mesquines Pas le temps de s'apitoyer ou de pleurer les perdus Pas de regard en arrière Pas le temps Cette machine tourne et rien ne l'arrêtera Un processus qui ira jusqu'au bout de son Accomplissement Pas de retour possible Le seuil est dépassé Bienvenue dans le No-man's land des flux Infinis des reflets Fugaces Pas de lignes perdues Pas de gestes gratuits Bienvenue dans l'inconscient Dictature des sens Règne du Désir Agis ou Cours Dans l'ombre des machines La Mort des Symboles Cimetière des Mythes Pas de mensonges dans la Terre Fragmentées des Songes Pas de code Pas le temps Ne pas compter sa monnaie Ne pas compter ses excès Agis ou Cours Ne pas demander de Grâce Ne pas implorer les dieux Ne pas regarder les Miradors Mais Aimer Toujours Jusqu'au Sang Sans compter les blessures Sans épargner les morsures ni les balles perdues ni les couteaux suintants Étreins et Cours Les Cœurs Solides sauront te rattraper Ne pas regarder Ne pas maudire Ne pas médire Garder les Beaux Moments Refuge éternel Temps de Guerre Temps de Guerre Ne saviez-vous pas?


La vision se déploie, monde flottant qui se plaque contre les lignes. Tout est mouvement. Abandonne-toi à l'onde, à la danse des flux. Territoires brisés, univers fragmentés. Et nous? Nous sommes tous diffractés dans les reflets de tous les miroirs. Trompés. Bluffés. Réveillez-vous! Il est temps de se frayer un chemin à travers les mensonges. Abattez les anciens mythes! Brisez les anciennes tables! Riez des vieilles fables! Le temps des nouvelles machines est venu. Qui survivra à l'âge des tempêtes? Qui survivra aux lumières brûlantes de cette aube cruelle qui pointe ses lances au-delà de cet horizon qui flambe? Devenir feu, devenir fer et s'élancer à l'assaut des frontières. Pas de répit pour nos armes brillantes! Pas de répit pour nos machines de guerre!

...

zéropointzéro

énième rail d'uranium énième distorsion noyé un serpent dans un verre ne pas bouger ne pas regarder les miradors attendre attendre planté les ongles dans le mur ne pas bouger ne pas demander la bonté divine j'attends silence martèlement machine ce fut le dernier avis avant démolition j'entends au loin le bruit de puissants moteurs j'entends le cri de nouvelles créatures naissance dans les forges renaissance de l'acier.


dans l'arrière-boutique d'un étrange troquet rencontré une jolie jeune fille me trompe es-tu femme ou monstre habillé de fleurs douce et légère simplement étrangère comme moi ou presque me trompe comme toujours aime me tromper je te trompe et tu aimes être trompée j'aime tes mensonges j'aime tes rêves tes yeux se ferment portes je tombe dans tes yeux dans mes songes en toi éternel je tombe dans ta peau et m'envole les matins froid et gel seul encore fin des mensonges recommence énième cicatrice énième discontinuité recommencer encore encore.


des faits donne-moi des faits évènements médiatiques je m'en fous décisions politiques je m'en fous fluctuations boursières je m'en fous il ne se passe rien il ne se passe rien il n'y a que des images qui tremblotent ou qui vacillent merde! merde! il ne se passe rien je respire mais il ne se passe rien réveille-toi machine sursaute donne-moi des faits désir contre les murailles désir à travers les failles cela vit cela palpite moi sans moi dédoublé un pas au-delà de moi ou deux pas non quelques millimètres non ici au même endroit que moi au même moment mais ailleurs moi déshabillé de mon moi sans foi ni loi sans langue décodé, infiniment plus libre que mon moi


Quel choix?
Mort lente ou explosifs?
Quel choix?
Le bagne ou la dispersion?

dans la chute des nations dans la succession s'avance une voix de profil esseulée laissant derrière elle les charniers et les silences et les pensées des civilisations restent en ruines suspendues au temps amnésique des hommes qui trébuchent et tombent et continuent de rêver la marche de l'histoire alors que la fin du monde est derrière longtemps avant les traces de leurs pas mais encore résonne cette voix malheur à ceux qui l'entendent ils sont condamnés à la joie accrocs aux horizons furtifs accrocs aux poisons.

Quel choix?
Mort lente ou explosifs?
Quel choix?
Le bagne ou la dispersion?

pris du poison entre deux réveils entre deux chutes dans les profondeurs du sommeil et le poison était bienveillant, aussi doux que les rêves et moins douloureux que les longues nuits de veille ce poison insidieux qui envahit et lacère mes veines corrompues déchire les voiles et dégage ma vue je ne pars pas je suis parmi vous mais je vois du feu sur l'horizon volatile mes diables dansent en travers des murailles et mes diables me suivent partout où que j'aille et je chante esprits dociles esprits serviles jusqu'à quand me retiendrez-vous pris du poison à froid sans amour pour réchauffer ma peau aucune voix ne grésillait sur les canaux seulement quelques fragments de message d'accord il faudra en convenir lâchez-moi je suis sage lâchez-moi je suis sage


en transit ici éteint inexistant juste un regard d'ombre jaillissant des murs couverts de chaux de sang et de boue ivre de silence et d'oubli hier un journal de bord à digérer a aimé a haï a pleuré a dansé les entrailles au passé demain recommencer avec de nouvelles tripes mais aujourd'hui zéro transit zone huit en transit vers un nouvel au-delà kilomètre zéro des vies nouvelles amour te souviendras-tu de moi en transit à des heures impossibles zones franches portes frontières mais pas de voyageurs sur les passerelles seulement quelques cadavres traînant emportés par-ci par-là quelques nuages dans la tête et des flammes dans le cœur pas de bagages surtout pas de bagages quelques mots au bout des doigts plus jamais ça plus jamais ça et pourtant et pourtant...

.. 

jeudi 24 février 2011

zéro

Pensées fugaces qui me traversent entier et me laissent vide et léger dans l'attente du rêve qui me ramènera des profondeurs ivres de mon sommeil sans fond mais encore vivant déjà mort et autour le paysage palpite s'agite qui êtes-vous là-bas tout près qui êtes vous donnez le mot de passe sinon sinon passez au loin encore plus loin les animaux ici sont sauvages et les hommes les hommes complètement cinglés sinon approchez que je vous dise approchez que je vous aime et que je vous haïsse ici ailleurs encore et l'attente du rien qui secouera cette terre qui dort me revoilà en pleine discussion avec les abîmes mais il y a des instants fugaces où les mots s'effritent au bord des lèvres laissant le temps aux doux sourires et je me souviens et je reviens encore essayant de reprendre le trajet vers mon temps vers la demeure de mon âge la demeure de ma joie et au dessus un ciel s'éclaire une rose sourit et je m'appelle à travers d'étranges contrées j'amorce une route sauvage et sans nom à travers le temps une vibration une onde qui court un tressaillement un battement à travers le néant une voix parle quelqu'un est vivant.